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Messagepar ulysse » Lun 07 Mai 2018 17:20

aussi indispensable dans nos camions que sur les bateaux





Joyeux anniversaire
Dis cocotte, pourquoi tu siffles ?
.
L’autocuiseur inventé par la marque SEB fête ses 65 ans. La marmite au doux ronron sert toujours à cuisiner sans tout faire sauter, à condition de ne pas pousser le bouchon trop loin.
C’est la reine du poulet basquaise, nettement plus balèze que la sacro-sainte ménagère Paulette et ses paupiettes. C’est la soprano du chuintement, capable d’enchaîner les pschitt sans jamais mollir. C’est la cocotte-minute de SEB (pour Société d’emboutissage de Bourgogne) qui fête triomphalement cette année ses 65 ans… Et 75 millions d’appareils vendus dans le monde.
L’anniversaire s’accompagne de la parution d’un ouvrage intitulé SEB Cocotte & Cie, une aventure industrielle et une histoire de famille (1), et il convient de le célébrer dignement. Car oui, la marmite à pression a de l’histoire à revendre. Commençons par dire que son véritable nom est autocuiseur. «Cocotte-minute» est une marque déposée, acquise par l’entreprise en 1965, tout comme «Frigidaire» et autres joyaux de la cuisine passés dans le vocabulaire courant. La marmite originelle de SEB s’appelle d’abord «Super cocotte». On la doit aux frères Lescure qui améliorent les autocuiseurs de l’époque en utilisant un procédé industriel appelé emboutissage.
Auparavant, il y avait trop d’impuretés dans les cuves en métal, entraînant des risques d’explosion. Avec cette technique de fabrication, plus de boum. Voilà le doux ronron qui séduit d’emblée la France, même si, en 1954, la cocotte se voit refuser l’accès au très influent Salon des arts ménagers, à Paris, pas très visionnaire sur ce coup. Les frères Lescure ripostent et montent alors un mur de cocottes pile devant l’entrée du salon. Bilan ? Environ 130 000 pièces écoulées cette année-là.
Aujourd’hui, un million d’exemplaires sont fabriqués chaque année dans le berceau originel, l’usine de Selongey, au nord de Dijon, en Côte-d’Or. Bien sûr, certains modèles se veulent high-tech, proposant une ouverture facile du couvercle ou encore de l’électronique embarquée… Mais nous, on aime la vraie, l’originelle, celle qui siffle en cuisine et qui s’est changée en un véritable objet pop. Hommage à cette icône à tout faire (ou presque).
(1) Par Sophie Hochart et Gaspard Chauleur, petit-fils de l’un des fondateurs de SEB, 192 pp, 29 €.
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Pour braiser sous les étoiles
Pas de bol, il paraît que Michel Guérard, le pape de la «nouvelle cuisine» dans les années 70, ne maîtrisait pas à merveille l’ouverture des huîtres… ni celle de la cocotte-minute. Pourtant, ce nouvel ustensile stimule les créations en cuisine et accompagne les évolutions des menus. D’abord plan-plan et terroir régional : bœuf bourguignon, pot-au-feu, voire couscous algérois. Puis le guide de recettes offert pour l’achat de chaque cocotte-minute depuis 1953 se met aux légumes et poissons minceurs dans les années 70. Et plus récemment à la cuisine fusion, avec les ravioles de crevette. Les chefs étoilés s’emparent de la machine. Années 80, Joël Robuchon invente une cuisson express de la langouste en trois minutes. Années 2000, Anne-Sophie Pic propose un foie gras en six minutes chrono (plongé dans un mélange de vin rouge, épices, sucre et crème de myrtille). 2004 : la cuisinière Frederick Ernestine Grasser-Hermé, tendance punk, publie 119 recettes dans son livre Super Cocotte (Hachette), dont ce dessert de mangues aigres-douces au romarin (sept minutes). Rappelant au passage que la cocotte, l’un des outils le splus magiques pour un(e) cuistot, ne permet pas seulement d’étuver mais aussi de braiser.
Pour d’autres «faims» ou pour d’autres soifs
L’oncle Dédé était du genre râteau, pas le style à louer une décolleuse à papier peint pour refaire son salon. Mais à force de nous voir massacrer les murs avec une spatule pour ôter les scènes de chasse imprimées, il lui a fallu se rendre à l’évidence : on peut être à poil et à vapeur quand on bricole. A force d’avoir des oursins dans les poches, Dédé était devenu ingénieux : il emprunta la cocotte-minute de tata Dédée pour décoller son papier peint, toutes fenêtres et portes fermées. Ambiance tropicale garantie avec en sus le parfum poireaux-pommes de terre gravé dans la cocotte.
Dans un registre plus raffiné pour le gosier, la cocotte-minute se recycle aussi en alambic. Il suffit de lui raccorder un tuyau suffisamment long pour permettre son passage dans un bac ou un évier rempli d’eau froide. Après, c’est simple comme une cuite. Faites chauffer à votre guise des trognons de chou ou des mirabelles fermentées dont les vapeurs d’alcool se condenseront dans le tuyau pour couler en gnôle. Evidemment, c’est à manier avec beaucoup de précaution, et de toute façon, c’est interdit. Le jour où vous distillerez, prévoyez également de faire mijoter une potée ou une choucroute, histoire de détourner le pif d’Eliot Ness et de ses gabelous.
Pour chercher la soupape
«Mais où est passée la soupape ?» également appelée dans certaines familles le «bitoniau». «Mais oui, elle est où ?» Consciente que ce cri déchire souvent les cuisines, la finaude société SEB mit en place un service après-vente dès 1953, avec possibilité d’acquérir des pièces de rechange.
Mais au fait, cette fameuse soupape tournante est-elle vraiment indispensable ? Risque-t-on une explosion de blanquette de veau si on l’oublie ? Aujourd’hui encore, de nombreux consommateurs posent la question sur Internet. Pourtant, dès le lancement de la bécane, le fondateur de SEB, Frédéric Lescure, prit soin de rassurer les foules en se livrant à une petite démonstration de cuisson sans soupape et avec une soupape bouchée, afin de montrer que l’étrier (la pièce qui sert à plaquer le couvercle) se déforme bien et laisse échapper la vapeur en toute sécurité.
Mais que cela ne vous dispense pas de mettre le bitoniau. Notamment pour éviter les risques de brûlure lorsque, en fin de tambouille, on ouvre sa marmite. Ce n’est pas Denis Papin, inventeur, en 1679, de la machine à vapeur et de l’ancêtre de l’autocuiseur, qui dirait le contraire. Son «digesteur d’aliments» possédait une soupape. Las, sa bécane cuisait les viandes si brutalement et si à une telle température qu’à la fin il ne récoltait ni potée ni raviole, mais une immonde gelée.
Pour garder les vitamines
On s’est bien moqué de nous avec cette histoire de vitamines. C’était la grande obsession des médecins dans les années 50. Le gouvernement américain avait déjà fixé des doses journalières à atteindre pour sa population civile pendant la Seconde Guerre mondiale. Les vitamines donneraient un coup de jeune et préviendraient les maladies. Les fabricants d’autocuiseurs s’engouffrent donc dans le filon à toute vapeur : «Vous consommerez des légumes frais gorgés de vitamines» (une pub de SEB en 1963). Il est vrai que la cuisson en cocotte-minute préserve mieux les vitamines des aliments que le four, la casserole ou la cocotte tradi en fonte. Ainsi, la cuisson à soupape devient synonyme de bonne santé et de diététique. Mais au début des années 2000, des médecins et naturopathes font entendre de sérieuses réserves : selon eux, les cocottes à pression produisent une chaleur trop forte (de 100°C à 140°C), qui détruit notamment la vitamine C (celle-ci disparaît au-dessus de 60 °C-75 °C). Pour faire le plein de vitamines, il faudrait donc en théorie manger la carotte chauffée à la vapeur douce - certaines cocottes offrent cette option. Ou crue.
Pour réussir le crime parfait
C’est bien connu, dans toute cuisine sommeille un fait divers. En décembre, à Nice, un homme a été condamné à la réclusion à perpétuité, assortie de vingt-deux ans de sûreté, pour le meurtre d’un gardien d’école. Son ex-compagne l’accuse d’avoir fait bouillir la tête de l’une de ses victimes dans un autocuiseur et d’avoir, à une autre occasion, goûté de la chair humaine assaisonnée «avec de l’ail et du persil» (une recette qui ne figure pas dans le livret officiel). L’autocuiseur est également devenu une arme fatale dans les mains de terroristes qui le remplissent d’explosifs et de clous, comme ce fut le cas lors du double attentat meurtrier de Boston, en avril 2013.
Après le surin, le récipient est donc devenu le second couteau du crime avec ustensile ménager. Objet de tous les soupçons : on ne compte plus les lieux évacués et les interventions de démineurs pour cause d’autocuiseur abandonné. Parfois, c’est de la simple étourderie, comme à Saint-Just-Saint-Rambert (Loire) en décembre 2016, lorsqu’un homme abandonna sa marmite à vapeur dans un lieu public pour cause d’envie pressante, causant une panique générale…
Pour «libérer» la femme
«Moulinex libère la femme.» Pas mal ce slogan qui, à compter des années 60, s’imprime dans le temps de cerveau disponible (soit entre deux corvées de pommes de terre) des ménagères et de leurs gentils époux censés claquer leur salaire en électroménager (de préférence pour la fête des mères). Oui, bien vu. Mais au petit jeu du mesdames-gagnez-du-temps (pour vous faire belle, lire une romance et pourquoi pas commencer à amasser des soutifs à jeter plus tard dans les feux de Mai 68), SEB («Sebo, sebon, c’est le bonheur») et sa super cocotte-minute «bonne à tout faire» n’est pas en reste. Dès ses débuts, la marque se concocte une stratégie publicitaire : concours de vitrines avec miss cocotte chez les quincailliers ; annonces dans la presse - souvent des magazines, dans lesquels des femmes s’esbaudissent sur leur terrible engin : «Je commence ma cuisine vingt minutes avant l’heure du déjeuner, et tout ce temps gagné, je l’emploie à mes loisirs.»
Les produits dérivés ont aussi le vent dans les voiles : porte-clés cocotte, cendriers, thermomètres… Et puis il y a les affiches avec des femmes qui ont l’air de sortir de chez le coiffeur et portent des boucles d’oreille à clip. Celles-là déclarent «la bonne cuisine, c’est le bonheur», mettent en avant leurs talents d’économe - en mode «ma quittance de gaz est légère» - et leur vie meilleure - avec le slogan «elle vous mijote une vie moins popote !» Vraiment ? Euh, on pâlit quand on découvre cette dame qui proclame : «C’est ma fille de 12 ans qui s’en sert…» Et on flanche carrément quand SEB ose le «Monsieur, vous qui aimez la bonne cuisine, offrez-lui une super cocotte», avec cette précision : «La cocotte de luxe à la portée de tous.» Ben voyons, ma poule.
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"mieux vaut boire du rouge que broyer du noir" vieux principe libertaire
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ulysse
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